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La France, humble consommatrice de bière mais productrice affirmée.

Ce n’est pas une surprise, la terre française ne recèle pas les plus gros buveurs de bière d’Europe. En effet, un Français consomme en moyenne 30 litres de bière par an : un tout petit chiffre au regard des 144 litres annuels consommés par chaque Tchèque, ou en comparaison des 107 litres annuels d’un Allemand, aux 72 litres bus par un belge et aux 66 litres d’un Anglais… Ce qui place la France bien loin derrière, au 26ème rang des consommateurs de bière sur les 28 pays européens.

Et cependant, grâce à 800 brasseries réparties sur tout son territoire, la France est le 8ème producteur européen de bière. Tous les pays d’Europe produisent (et consomment) de la bière : la France se situe donc, malgré tout, dans la tête de peloton des producteurs derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore la Hollande. La Belgique (pays d’origine de la Blonde of Saint-Tropez) se place 6ème au classement des producteurs et au 15ème rang des consommateurs. 28% de la production belge est exportée, surtout en Europe.

En France, le nombre de brasseries s’est ainsi démultiplié ces dernières années, une brasserie étant créée tous les deux jours. Ce phénomène est soutenu pour répondre à la demande croissante des français et ses 20 800 000 hectolitres consommés chaque année.

Même si les français ne sont pas les plus gros buveurs d’Europe, 20 800 000 hectolitres c’est l’équivalent en volume de plus de 832 piscines olympiques !

La bière française retrouve ses armes de noblesses.

Les bières haut de gamme

La production française offre désormais plus de 2 000 marques de bières. Elle est essentiellement portée par les bières « Prémium » et « Ultraprémium » (haut de gamme) qui représentent 2/3 de son volume. Cette diversité est soutenue par les innovations des marques leaders, les bières artisanales régionales et les bières aromatisées notamment aux fruits.

Les bières spéciales

Pour plaire à son public toujours grandissant, l’économie brassicole se développe également pour les régimes alimentaires spécifiques de plus en plus nombreux : « sans gluten » (comme les bières au quinoa ou au sarrasin), dégluténisés ou encore véganes (Leffe, Grimbergen, Mort Subite…). Le secteur mute, s’adapte et répond aux demandes les plus restrictives.

Les bières sans alcool

De nouvelles initiatives offrent des alternatives originales aux bières classiques et élargissent considérablement la gamme des bières sans alcool. Ce sont ces dernières qui, de façon surprenante, en 3 ans ont largement fait progresser le marché de la bière. Ce segment se serait envolé, semble-t-il, sous l’impulsion du lancement par Kronenbourg de la Tourtel Twist qui a séduit au-delà de toutes espérances les femmes et les foyers français. Un succès qui s’explique aussi par le fait que l’industriel Kronenbourg a pu engager une campagne publicitaire autour de sa bière sans alcool sans les contraintes classiques imposées par la loi Evin.

Les régions françaises qui produisent le plus

La profusion de cette offre française s’explique par la puissance de production agricole française en ce qui concerne les matières premières : orge, malt et houblon. La production brassicole constitue alors un débouché économique essentiel pour la culture de ces céréales et plus largement de la stratégie agricole française globale.

L’orge

De « l’épi au demi », le chemin est tout tracé : la France recèle un terroir et des conditions climatiques si favorables à la production d’orge que la transformation de la céréale dorée devient incontournable. La France est ainsi le 2ème exportateur mondial d’orges de brasserie.

Le malt

L’agriculture française est tout aussi performante en ce qui concerne le malt : elle est le 1er pays exportateur mondial de malt depuis 30 ans et exporte plus de 80 % de sa production nationale. Les progrès agronomiques, l’organisation technique et scientifique de la filière et la gestion collective de la demande clients à tous les stades de la production constituent une garantie de qualité du produit final. Ces atouts géographiques et techniques doivent permettre de conserver à la malterie française une position prépondérante sur un marché international très concurrentiel. Les principales régions de production du malt sont l’Ile-de-France, la Champagne, la Picardie, le Centre et la région Poitou-Charentes.

Le houblon

De même pour le houblon, la spécificité française est mondialement reconnue. Les régions qui le produisent sont essentiellement le Nord de la France et l’Alsace pour la variété « Strisselspalt », grand succès d’exportation.

Mais au-delà des prouesses agricoles régionales, chaque région française apporte sa spécificité dans la production et à la consommation de bière, proposant des identités, des saveurs et des approches bien spécifiques de leurs identités régionales. On connait bien la désaltérante et caractéristique Pietra pour la Corse. On découvre la Telenn Du à base de sarrasin pour la Bretagne ; ou encore la légère, élégante et ensoleillée Blonde of Saint-Tropez produite en Belgique.

La consommation par type de brasserie

70 % des bières consommées en France sont produites sur le territoire. La région Auvergne Rhône Alpes apporte 3 744 000 hL au volume de production français chaque année. Associée à l’Alsace Champagne Ardenne, le Languedoc Roussillon et le Nord-Pas-de-Calais Picardie, les quatre régions réunies représentent plus de la moitié de la consommation française.

Quand on établit la typologie des producteurs, on distingue : les brasseries artisanales (qui produisent moins de 10 000 hectolitres par an), les micro-brasseries (moins de 1 000 hL), les pico-brasseries (100 % faites de chez soi), les fermes brassicoles et brasseries pédagogiques (rattachées à une école où un musée) et celles qui produisent sur place pour un restaurant ou un bar (CHR).

Les méthodes de productions en micro– (moins de 1 000 hL/an) et pico-brasseries (100 % faites maison) prédominent : le mode industriel y a peu sa place. Le mode artisanal et les petits volumes sont privilégiés. Le Nord se distingue par sa production attachée aux lieux de consommation cafés, hôtels, restaurants. La Bourgogne Franche-Comté est un lieu pédagogique où les brasseries sont rattachées à des écoles ou des musées et sont consommées sur place.

Les régions qui consomment le plus de bière

« Cocorico ! » Et bien sûr, là où l’on produit, on consomme : ce phénomène révélant ainsi l’attractivité grandissante du produit et marquant définitivement l’identité de la région et de ses habitants pour la culture brassicole. Et toujours spécificité française oblige, les régions qui font du bon vin font (et boivent) de la bonne bière !

Grâce à toutes ces dynamiques convergentes, la France, ces dernières années anoblit sa bière : elle s’attache à la gastronomie, trouve sa place sur les grandes tables. La diversité de sa production permet de l’associer à une grande variété de mets, même les plus délicats.

Pour le Réveillon, la tendance pourrait bien avoir envie de titiller quelques épicuriens (voire choquer même choquer quelques puristes) et proposer une association homard & bière ultrapremium… Envie d’essayer ? Suivez le lien pour quelques idées d’associations mets-bières savoureuses et originales.